Assurance vie en euros ou unités de compte : quel fonds choisir ?
Choisir entre une assurance vie en euros ou en unités de compte engage directement la sécurité, le rendement et la fiscalité de votre épargne.
Pour souscrire un contrat d'assurance vie, il faut donc examiner le fonctionnement de chaque support, leurs coûts et leur traitement fiscal, puis retenir une allocation cohérente avec votre horizon et votre profil de risque.
Le choix peut être approfondi avec le guide pour choisir entre fonds en euros et unités de compte. BP Finance rappelle également, dans les pièges à éviter des assurances vie en euros ou unités de compte, les points de vigilance liés aux frais, au risque de perte et à la clause bénéficiaire.
Pour comprendre la gestion et la structure du contrat, consultez aussi le guide sur le fonctionnement de l’assurance vie.
Comprendre la différence entre fonds en euros et unités de compte
Avant de répartir votre épargne, il faut distinguer les mécanismes de chaque support. Le fonds en euros et les unités de compte répondent à des logiques différentes en matière de garantie, de rendement et de risque.
Le fonctionnement du fonds en euros
La différence entre les unités de compte et les fonds en euros repose d’abord sur la garantie du capital. L’assureur s’engage à restituer les sommes versées, diminuées des seuls frais de gestion prévus au contrat. Grâce à l’effet cliquet, les intérêts crédités chaque année sont définitivement acquis et produisent eux-mêmes de nouveaux intérêts.
Capital garanti : le capital investi sur un fonds en euros ne peut pas reculer, hors frais de gestion contractuels, quelle que soit l’évolution des marchés.
Effet cliquet : les intérêts crédités chaque année sont intégrés au capital et ne peuvent plus être remis en cause, même en cas de baisse des taux obligataires.
Composition du portefeuille : le fonds en euros est investi à environ 80 % en obligations d’États et d’entreprises. Cette structure explique sa stabilité relative, mais limite son potentiel de rendement à long terme.
En 2024, le rendement brut moyen du fonds en euros s’établissait autour de 2,5 % à 2,6 %. Les écarts restent importants selon les assureurs : les meilleurs contrats peuvent atteindre 3,2 % à 3,5 %, tandis que les offres les moins compétitives plafonnent à 1 %. Le taux affiché ne suffit donc pas à comparer deux contrats.
L’euro-croissance se situe entre le fonds en euros classique et les unités de compte. Le capital y est garanti à l’échéance prévue, qui ne peut pas être inférieure à huit ans. À l’inverse du fonds en euros traditionnel, dont la garantie s’applique à tout moment, ce support offre une disponibilité plus restreinte en contrepartie d’un potentiel de rendement légèrement supérieur.
Les unités de compte sans garantie
La différence entre les fonds en euros et les unités de compte tient à la promesse de l’assureur : pour un support en unités de compte, celui-ci garantit le nombre de parts détenues, mais pas leur valeur.
Les unités de compte permettent d’accéder à de nombreuses classes d’actifs : actions, obligations, OPCVM, ETF, SCPI, SCI ou fonds non cotés, selon le contrat. Le niveau de risque est mesuré par l’indicateur synthétique de risque, gradué de 1 à 7. Un support classé 1 présente un risque très faible; un support classé 7 peut subir des pertes très importantes, jusqu’à la perte totale du capital investi.
Monosupport ou multisupport
Un contrat monosupport dirige tous les versements vers le fonds en euros. Le capital garanti et la simplicité de gestion répondent aux besoins des épargnants qui privilégient la sécurité, mais les perspectives de rendement restent limitées par la composition obligataire du support. Ce format convient surtout pour des projets à moins de cinq ans.
Un contrat multisupport associe le fonds en euros et les unités de compte au sein du même contrat d’assurance vie. BP Finance estime cette architecture plus adaptée lorsque la durée de détention dépasse cinq ans : elle facilite la diversification, les arbitrages et l’ajustement progressif de l’allocation au profil de risque de l’épargnant.
Critère | Fonds en euros | Unités de compte |
Garantie du capital | Oui, intégrale avec effet cliquet | Non, valeur variable selon les marchés |
Rendement moyen 2024 | 2,5 % – 2,6 % brut | 4,1 % moyen (sans garantie) |
Risque de perte | Nul hors frais | Réel, jusqu’à perte totale |
Composition | ~80 % obligations d’État et d’entreprises | Actions, ETF, SCPI, obligations, fonds divers |
Prélèvements sociaux | Prélevés chaque année sur les intérêts | Dus uniquement au moment du rachat |
Horizon recommandé | Court à moyen terme | Long terme (5 à 10 ans minimum) |
Rendement et risques selon votre assurance vie
Le rendement sécurisé du fonds en euros
Le fonds en euros affichait en 2024 un rendement brut moyen de 2,5 % à 2,6 %. Les meilleures offres atteignaient 3,2 % à 3,5 %. Grâce à l’effet cliquet, ce rendement est acquis définitivement. L’arbitrage entre les unités de compte et le fonds en euros dépend donc notamment de cet écart : les euros offrent davantage de stabilité, tandis que les unités de compte peuvent viser une performance supérieure, sans garantie.
Le taux annoncé doit toutefois être examiné après les frais de gestion du contrat. Un fonds en euros rémunéré à 2,6 % brut, avec 0,80 % de frais annuels, ne procure que 1,80 % net. Si l’inflation dépasse ce niveau, le rendement réel devient négatif. La comparaison entre deux contrats ne peut donc pas se limiter au taux facial.
Volatilité et pertes des unités de compte
Les unités de compte peuvent entraîner une perte importante sur une assurance vie lorsque le rachat intervient au mauvais moment. En 2022, elles ont affiché en moyenne -12 %, après un gain moyen de +9,1 % en 2021. Un épargnant contraint de retirer ses fonds au début de 2023 aurait alors matérialisé une moins-value significative, parfois difficile à résorber à court terme selon la part investie.
Plusieurs risques coexistent sur ces supports variables. Certains sont moins visibles que la volatilité du marché, mais ils affectent tout autant la disponibilité réelle de l’épargne.
Risque de marché : la valeur des parts fluctue selon les marchés actions, obligataires ou immobiliers, sans plancher garanti par l’assureur.
Risque de liquidité : des supports comme les SCPI, les FCPR non cotés ou les OPCI peuvent retarder ou limiter les sorties, et ainsi bloquer temporairement l’accès aux fonds.
Risque de rachat mal calibré : vendre des unités de compte après une baisse fige la perte en capital et réduit durablement l’épargne disponible.
En 2024, les produits structurés classés SRI 4 à 7 représentaient 59 % des encours de leur catégorie, selon les données de l’ACPR et de l’AMF, avec un niveau de risque élevé. Ces produits comportent des barrières de remboursement et des scénarios réels de perte en capital. Leur intégration dans un contrat doit reposer sur une lecture attentive de la documentation contractuelle, et non sur la seule perspective de rendement.
Diversifier sans ignorer les risques
La diversification limite le risque de concentration, sans le supprimer. Répartir l’épargne entre plusieurs zones géographiques, classes d’actifs et niveaux de risque peut lisser la performance au fil du temps, mais ne protège pas contre un choc de marché global. Sur longue période, les ETF mondiaux ont historiquement affiché environ 7 % annualisés, avec des frais internes souvent inférieurs à 0,30 %. Ils peuvent donc constituer un support de croissance à long terme, sans garantie sur les performances futures.
Les supports immobiliers détenus en unités de compte, comme les SCPI ou les SCI, apportent une diversification complémentaire. Leur performance moyenne s’établissait à 5,70 % en 2025, avec une volatilité généralement inférieure à celle des supports actions. Dans un contrat multisupport, ils peuvent contribuer à un meilleur équilibre entre potentiel de rendement et stabilité relative de l’allocation.
Quelle gestion pour votre contrat d'assurance vie
Une fois les supports identifiés, leur pilotage dans le temps devient déterminant. Le mode de gestion, la répartition entre fonds en euros et unités de compte ainsi que la sélection des supports influencent directement la performance du contrat. La structuration optimale passe par une cohérence entre l'horizon de placement, le profil de risque et le niveau de frais accepté.
Répartir selon l'horizon de placement
L'arbitrage entre une unité de compte et un fonds en euros dans un contrat multisupport doit évoluer avec l'horizon de placement. Plus celui-ci est long, plus la part des supports variables peut être importante : la durée permet d'absorber les cycles du marché et limite le risque de rachat pendant une période de baisse.
Horizon court (1 à 3 ans) : priorité au fonds en euros, avec au minimum 2,65 % brut, zéro frais d'entrée et des frais totaux inférieurs à 2,50 %. Les unités de compte sont déconseillées sur cette durée.
Horizon moyen (3 à 8 ans) : une allocation mixte, associant une poche en fonds en euros et des unités de compte diversifiées, permet de lisser les fluctuations. Un profil équilibré peut viser une exposition de 40 % à 60 % en unités de compte.
Horizon long (au-delà de 8 ans) : une exposition plus marquée aux actions et aux ETF permet de rechercher un rendement supérieur. Un profil dynamique peut porter la part des unités de compte à 70 % ou 80 % de l'allocation.
Profil prudent : les supports variables sont généralement limités à 20 % ou 30 % de l'allocation totale. Le solde reste investi sur le fonds en euros afin de préserver le capital.
Lorsqu'un versement de capital important est réalisé, BP Finance recommande de le placer d'abord sur le fonds en euros, puis de programmer des arbitrages automatiques mensuels vers les supports de croissance. Cette méthode progressive réduit le risque d'investir au mauvais moment et peut s'adapter à la plupart des profils d'épargnants.
Choisir entre gestion libre et pilotée
La gestion libre s'adresse aux épargnants capables de piloter eux-mêmes leur contrat. Ils sélectionnent les supports, décident des arbitrages et ajustent la répartition sans frais dédiés supplémentaires. La fiscalité des unités de compte en assurance vie présente aussi un avantage : les arbitrages réalisés au sein du même contrat d'assurance vie ne déclenchent aucune imposition immédiate. L'allocation peut donc être rééquilibrée sans frottement fiscal.
La gestion pilotée confie ces décisions à une société de gestion, selon un profil défini à l'avance, mais elle ajoute généralement de 0,20 % à 0,50 % de frais annuels. La gestion à horizon prévoit, pour sa part, une sécurisation progressive à l'approche d'une date cible, grâce à une réduction automatique de la part des unités de compte.
Sélectionner les supports en unités de compte
La qualité des supports accessibles varie fortement d'un contrat à l'autre. Certaines offres d'entrée de gamme proposent une cinquantaine de supports, tandis que les contrats les plus ouverts en comptent plus de 2 500. Une architecture ouverte, donnant accès à des fonds sélectionnés au-delà du seul catalogue de l'assureur, constitue un critère de qualité important. Les supports en unités de compte permettent ainsi d'investir dans des actifs variés et complémentaires, condition d'une véritable diversification.
La présence d'ETF constitue souvent un indicateur intéressant, avec des frais internes inférieurs à 0,30 % par an. À l'inverse, certains fonds actifs facturent jusqu'à 3 % de frais internes annuels. Le bon montage dépend de l'équilibre entre les frais totaux du contrat, la diversité des supports disponibles et leur cohérence avec la stratégie de l'épargnant, plutôt que de la performance passée d'un fonds pris isolément.
Frais et fiscalité de l'assurance vie
Le rendement brut affiché d'un contrat d'assurance vie ne correspond pas nécessairement à ce que perçoit réellement l'épargnant. Plusieurs frais se cumulent, tandis que la fiscalité intervient à des moments différents selon le support et la date du retrait. La clause bénéficiaire joue également sur l'efficacité successorale. Ces trois éléments doivent être étudiés ensemble pour apprécier la valeur réelle d'une offre.
Comparer le coût complet du contrat
Les frais d'un contrat d'assurance vie s'accumulent à plusieurs niveaux. Leur effet sur la performance finale est souvent sous-estimé. Une hausse de seulement 0,10 point des frais annuels peut créer un écart d'environ 80 000 € sur 30 ans avec des versements mensuels de 500 €, selon les hypothèses retenues par BP Finance. Le taux brut ne suffit donc pas à comparer les offres.
Frais sur versements : de 0 % à 5 %, prélevés immédiatement. Avec 10 000 € et 4 % de frais d'entrée, seuls 9 600 € sont investis dès le premier jour.
Frais de gestion du contrat : de 0,30 % à 1,20 % par an selon les offres, prélevés sur l'ensemble des encours quelle que soit la performance des supports.
Frais internes des supports : moins de 0,30 % pour les ETF, mais jusqu'à 3 % pour certains fonds actifs. Ils s'ajoutent aux frais du contrat et peuvent neutraliser un rendement brut de 3 %.
Frais de gestion pilotée : de 0,20 % à 0,50 % supplémentaires par an pour déléguer la gestion à une société spécialisée. Ils sont rarement visibles dans une présentation tarifaire unique.
Un contrat bancaire traditionnel peut cumuler jusqu'à 3 % à 4 % de frais par an, toutes couches confondues. À l'inverse, un contrat en ligne performant propose souvent 0 % de frais d'entrée et 0,30 % à 0,60 % de frais annuels. Sur dix ans, avec un rendement brut de 2 % et des frais annuels totaux de 2,5 %, la valeur finale peut stagner, voire reculer en termes réels : les frais peuvent effacer la performance.
Fiscalité des retraits après huit ans
La fiscalité de l'assurance vie distingue deux régimes selon la durée de détention. Avant huit ans, les gains issus des versements réalisés depuis le 27 septembre 2017 sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Ce taux porte uniquement sur la part de gains comprise dans le rachat, et non sur le capital remboursé.
Après huit ans, un abattement annuel s'applique aux gains : 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple marié. Au-delà, le taux global usuel est de 24,7 % pour les versements inférieurs au seuil de 150 000 €. Un couple peut répartir ses retraits sur plusieurs années afin d'utiliser cet abattement chaque année et de réduire la fiscalité sur la durée.
Tant qu'aucun rachat n'est effectué, les gains capitalisés dans le contrat ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu.
Transmission et clause bénéficiaire
Pour souscrire une assurance vie dans une logique de transmission, les sommes versées au bénéficiaire au décès du souscripteur sont hors succession. Pour les versements réalisés avant 70 ans, chaque bénéficiaire bénéficie d'un abattement de 152 500 €, tandis que le conjoint survivant ou le partenaire de PACS est exonéré sans plafond. Après 70 ans, l'abattement global tombe à 30 500 € pour l'ensemble des bénéficiaires, mais les gains attachés à ces versements restent exonérés.
La rédaction de la clause bénéficiaire doit être anticipée dès la souscription. Elle doit identifier précisément chaque bénéficiaire, nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse, et prévoir des bénéficiaires de second rang. En 2023, 6 milliards d'euros d'avoirs en assurance vie n'avaient pas été réclamés, souvent en raison d'une clause imprécise ou jamais actualisée après un changement de situation familiale.
Foire aux questions
Quelle est la différence entre un fonds en euros garanti et les unités de compte en assurance vie ?
Le fonds en euros garantit le capital investi, hors frais de gestion, avec un effet cliquet sur les intérêts acquis chaque année. Les unités de compte ne garantissent pas le capital : leur valeur évolue selon les marchés financiers ou immobiliers. En 2024, les fonds en euros affichaient environ 2,6 % brut garanti, contre 4,1 % en moyenne pour les unités de compte, sans garantie. Le choix dépend de l’horizon de placement et de la tolérance aux pertes temporaires.
Faut-il choisir un contrat monosupport ou multisupport ?
Un contrat monosupport investit uniquement dans le fonds en euros. La sécurité est maximale, mais le rendement reste limité. Un contrat multisupport combine fonds en euros et unités de compte afin d’adapter la répartition au profil de risque et à l’horizon de placement. BP Finance considère ce choix plus pertinent au-delà de cinq ans : il offre davantage de souplesse pour diversifier et effectuer des arbitrages internes, sans imposition immédiate lors des rééquilibrages.
Quelle répartition adopter entre fonds en euros et unités de compte ?
La répartition dépend de trois paramètres : l’horizon de placement, le profil de risque et les besoins de liquidité. Un profil prudent limite généralement les unités de compte à 20 % ou 30 % de l’allocation. Sur trois à huit ans, un profil équilibré peut viser 40 % à 60 % en supports variables. Au-delà de dix ans, un profil dynamique peut porter cette proportion à 70 % ou 80 %. Des arbitrages programmés depuis le fonds en euros permettent ensuite d’investir progressivement et de réduire le risque d’entrer au mauvais moment sur le marché.
Comment la fiscalité s’applique-t-elle différemment sur le fonds en euros et les unités de compte ?
Les prélèvements sociaux de 17,2 % sont prélevés chaque année par l’assureur sur les intérêts du fonds en euros. Pour les unités de compte, ils ne sont dus qu’au moment du rachat, ce qui laisse au capital la possibilité de se développer sans prélèvement social annuel. Dans les deux cas, les gains restent exonérés d’impôt sur le revenu tant qu’aucun rachat n’est effectué. Après huit ans, un abattement annuel de 4 600 €, ou 9 200 € pour un couple, s’applique aux gains retirés. Les rachats partiels progressifs peuvent ainsi améliorer l’efficacité fiscale du contrat.
Quels frais surveiller pour évaluer la performance réelle d’un contrat d’assurance vie ?
Quatre catégories de frais méritent une comparaison : les frais sur versements, de 0 % à 5 %; les frais de gestion annuels du contrat, de 0,30 % à 1,20 %; les frais internes des supports, inférieurs à 0,30 % pour les ETF et pouvant atteindre 3 % pour certains fonds actifs; enfin, les frais de gestion pilotée, compris entre 0,20 % et 0,50 % par an en cas de délégation. Une hausse de seulement 0,10 point de frais annuels peut représenter un écart d’environ 80 000 € sur 30 ans, avec des versements mensuels de 500 €. La comparaison doit porter sur le coût complet, et non sur le seul taux brut affiché.




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